Écrit par Administrator
ECONOMIE MALGACHE
Une stabilité inattendue et fragile
Une stabilité économique inattendue, voire inespérée, mais fragile. C’est le constat effectué par la Banque mondiale en juin et qui constitue le point focal de la note économique mensuelle publiée par l’institution au titre de ce mois de juillet.
« L’augmentation des recettes fiscales a contribué à financer certaines dépenses d’investissement, notamment dans le social (éducation, santé) et dans l’agriculture. Mais, dans l’ensemble, les dépenses publiques sont restées nettement inférieures à leur niveau d’avant crise », précise la note.
En effet, au total, les dépenses ont atteint environ 125 milliards d’ariary en juin, soit une hausse de 15% par rapport à mai, en partie grâce à une amélioration dans la collecte d’impôts. Mieux, dans ce contexte de crise, les recettes fiscales ont presque atteint le niveau fixé par la loi de finances avec seulement un déficit de 7% au cours de ce mois. A noter qu’entre mars et mai, le déficit enregistré a atteint 38%.
L’origine de cette évolution s’explique, notamment, par le paiement d’un grand nombre d’entreprises de leurs arriérés d’impôts. Mais, par ailleurs, elle reflète aussi le niveau anormalement élevé des importations de pétrole qui représentent un tiers des recettes douanières collectées en juin, lesquelles sont dix fois plus élevées que les revenus perçus en mai. En chiffres, les importations de pétrole ont atteint 74 310 m² le mois dernier, contre seulement 36 781 millions de m3 en mai. Ce volume est aussi de 33% supérieur à celui de juin 2008.
Ralentissement de l’activité économique.
Malgré cette tendance positive, le niveau général des dépenses reste, comme il a été susmentionné, très faible. Et pour cause, il équivaut à environ la moitié du montant dépensé par mois avant la crise (les dépenses mensuelles étaient en moyenne de 240 milliards d’ariary au deuxième trimestre de 2008). Par conséquent, le cumul des taux de d’exécution de l’ensemble du budget n’était que de 20% à la fin du mois de juin, contre 35% en juin 2008. Comme durant les précédents mois, la plupart des dépenses (environ 80%) ont été concentrées dans les salaires et autres dépenses courantes considérées comme prioritaires.
En outre, un ralentissement global de l’activité économique a été noté. En témoigne la consommation de carburants et d’électricité sur le marché local. En juin, la consommation de pétrole a baissé de 8% par rapport à il y a un an. La consommation d’électricité a également diminué de plus de 40% depuis mai par rapport à un an plus tôt dans les secteurs du textile, de l’habillement, du cuir et du papier, et de 45% dans les travaux publics et la construction.
Enfin, le déclin de l’activité économique se traduit aussi par le fort ralentissement des échanges entre Madagascar et le reste du monde et ce, d’une manière générale, au cours du premier semestre 2009.
D’autres questions préoccupent et continueront de préoccuper les décideurs et politiciens, dont celles de l’AGOA qui déterminera le sort de l’industrie textile malgache, du risque de pénurie de riz au cours de la prochaine période de soudure. La pression augmentera davantage sur les finances publiques en septembre lors de la rentrée puisque les enseignants doivent être payés au début de la nouvelle année scolaire.
Selon la Banque mondiale, si les autorités actuelles veulent faire face à ces défis, elles devront trouver de nouvelles sources de financement.
La première option serait de recourir à l’emprunt domestique et u financement monétaire. Mais il y a le risque d’une spirale inflationniste.
La deuxième option consiste à rechercher d’autres sources de financement auprès de bailleurs non traditionnels, tout en sachant que cela présente des risques pour la réputation du pays tout entier et des coûts financiers exorbitants.
La troisième et dernière solution est de rétablir l’accès à l’aide publique, qui représente la moitié du budget public et les deux tiers du budget d’investissement public, mais cela nécessiterait un accord politique et la reconnaissance du gouvernement Hat par la communauté internationale.